COMMENT LA RESTRUCTURATION D’UNE FRICHE MILITAIRE LITTORALE PEUT DEVENIR UN ENJEU DE RECOMPOSITION DU TERRITOIRE MAJEUR : VALORISER LE MONDE MARITIME D’AUJOURD’HUI ET SA CULTURE PAR LA MISE EN SCÈNE SPECTACULAIRE D’UN PÔLE D’ÉCHANGE LITTORAL ET URBAIN EFFICACE.
Dans la perspective d’une future ligne TGV Rennes Quimper, on modifiera le parcours de la voie ferrée entre Hennebont et Quéven en la “plaquant” contre la N 165, de façon à supprimer les infrastructures ferroviaires au centre ville de Lorient.
Les accès ferroviaires en cul de sac aux zones industrielles du ROHU et de l’ARSENAL seront conservés.
La voie ferrée reliant le réseau SNCF au site existe le long de la desserte portuaire N 465: elle sera doublée etsurélevée à partir du pont de Kérolay avant d’arriver au rond- point de la base des sous- marins qu’elle franchira à une altitude suffisante pour ne pas compromettre le trafic routier. Elle rejoindra ensuite les quai de la gare.
Nous voudrions saisir l’occasion de la reconversion de la base des sous-marins de Kéroman pour améliorer de façon significative l’accès des habitants et des visiteurs au littoral de Lorient, réorienter son développement futur vers sa rade et “recoudre” la saignée provoquée par le réseau ferroviaire dans le centre-ville
Toutes les fonctions liées au développement du monde maritime et à la diffusion de sa culture trouveront leur place sur ce site littoral, tel que que le souhaite le District du Pays de Lorient. Cependant, l’ampleur des bâtiments existants, leur démesure par rapport à l’échelle de l’architecture et de l’urbanisme de la ville elle-même, la situation littorale exceptionnelle nous ont amené à élargir la réflexion à l’échelle de la rade.
Afin de tirer le meilleur parti de ce site, nous proposons d’associer à ce nouveau projet culturel et industriel une stratégie urbaine.
D’autant plus que les estimations de coûts des différents projets d’enfouissement ou de déplacement de la gare actuelle (dossier que les équipes municipales successives de Lorient connaissent bien étant donné l’énorme nuisance que causent les voies et le passage à niveau en centre-ville) représentent des montants similaires à ce qui a été prévu pour la reconversion de la base.
Dans ce but, nous nous proposons de faire débarquer le million annuel de voyageurs dans une nouvelle gare , qui se situerait en hauteur du bâtiment de Kéroman 1, au centre de la rade.
Une gare SNCF d’une triste banalité aujourd’hui, deviendrait la GARE DE LORIENT, unique au monde par son contexte architectural et historique, régénérante par sa position urbaine résolument tournée vers la géographie particulière de la ville: la mer que l’on verrait à chaque arrivée, à chaque arrêt de deux minutes…
Le train nous débarquerait au centre d’une rade magnifique, entre un port de pêche, un site industriel et une architecture chargée d’histoire, intégrant de nombreuses activités complémentaires, la ville s’étendrait en gagnant les bâtiments de la base au Nord et à l’ouest. 1,3 kilomètre supplémentaire de promenade littorale sera redonné aux lorientais.
De ses quais en hauteur l’on pourrait observer d’autres quais: ceux du port de pêche, ceux des alvéoles de la base, où se dérouleraient tous les éléments du programme proposé par la municipalité.
Ces activités industrielles, touristiques et pédagogiques gagneraient en cohérence urbaine en profitant de la proximité immédiate de cette gare.
Jusqu’à présent, la base des sous-marins était tenue à l’écart de la ville. Au lieu de renforcer son isolement et sa monumentalité, on s’attachera pour aider aussi à digérer le passé du site, à intégrer les bunkers au tissu urbain.On hésitera pas à intervenir sur leurs volumes, à transpercer leurs façades en vue de faire entrer de la lumière et du ciel, à implanter des trames végétales à l’échelle du site, à annexer des bâtiments nouveaux.
Le potentiel déjà existant sera exploité à son maximum (le slipway transformé en cale, l’alvéole centrale devenue embarcadère pour des trajets inter-rade…).
Cependant, on lui conservera sa valeur patrimoniale depuis la mer: au bout de la pointe de Kéroman, le bunker restera intact.
PROGRAMME
1-fonctions liéees aux industries et aux services déjà implantés et à venir (filière halieutique,Plastimo accastillage, chantiers navals Pêch-alu, autres…): 25 870 m2
2- Equipements portuaires (travel-lift, port à terre, pontons plaisances…): 10 500 m2
3- Fonctions liées à la formation et à la recherche (station d’aquaculture, laboratoires, école de survie en mer, vestiaires, formation à la plongée, archéologie): 14 000m2
4- Fonctions liées à la culture, aux loisirs et au tourisme (musé des stratégies maritimes, médiathèque, collections archéologiques, spectacle en plein air): 28 800m2
5- Acceuil, transports,équipements divers (débarcadère liaisons inter-rade, hotels, commerces, restaurants, transports site propre,billeterie, parking): 45 912m2
Assistants: Boris Jakobek et Iris Strill
Frédéric Londeix : Architecte associé
Mahaut de Laage : Paysagiste associée
JPI Process Contracting : Bureau d’Etudes Ingénierie partenaire
Le 14 mai 2000 par Thibault | Projets, Ouvrages Publics, Equipements, Patrimoine classé - sites protégés, Territoires maritimes - littoraux - rivages | No comments