Concept Littoral

Le mouvement général des populations vers la mer que l’on constate aujourd’hui est un phénomène social en pleine expansion que les sociologues expliquent comme la manifestation d’un “désir de rivage” (dans ” Le territoire du vide, l’Occident et le désir de rivage (1750-1840)” par Alain Corbin Aubier 1988), lieu symbolique qui semble être le plus à même pour abriter certains mythes fondateurs de cette fin de siècle.

C’est ainsi qu’aux populations traditionnellement implantées sur le littoral par la nécessité de leurs activités, vient se mêler une foule croissante poursuivant une image rêvée de nature sauvage originelle, source de bien-être. La confrontation d’usages et donc d’intérêts contradictoires (économiques, écologiques, sportifs, symboliques…) sur cet espace limité, engendre une pression foncière qui renforce la complexité des enjeux.

Nous arrivons donc à la situation paradoxale où ces excès trouvent leur limite dans la prise de conscience générale de la nécessité de la conservation d’une partie de ce patrimoine naturel, dont la virginité est la source même de ce désir.

Le “Concept Littoral” tel qu’il est présenté donne le cadre de l’analyse d’une intuition. Il suggère à partir d’une connaissance sur le terrain, une démarche pour tenter de dépasser le paradoxe dans lequel se débat la réalité du développement et de l’aménagement du territoire littoral aujourd’hui. Il apporte également des outils pour construire un projet concret au tour de cette réflexion : en particulier des supports cartographiques sur mesure - “la carte littorale”-, associées à une embarcation spécifique -“l’Ambre, le Pilote littoral”- permettant une pratique maritime du littoral à des fins de connaissance en toute sécurité.

Étant donné que l’idée directrice de l’entreprise s’appuie sur le constat d’existence d’un grand nombre de friches bâties et équipées (cales, viviers, casemates, usines, forts… ) sur le domaine public maritime, une première étape de validation du concept pourrait consister en une étude d’inventaire.
L’objectif serait de mettre en valeur les potentiels de ces équipements, en vue de les réhabiliter-reconvertir judicieusement, et de les mettre en réseau sur le bassin de navigation correspondant.

Il s’agit en quelques sortes de mettre en place (au même titre que pour la météorologie ou la sécurité en mer), une veille écologique et pédagogique sur le littoral. Réhabiliter les architectures maritimes délaissées en un réseau de “balises littorales” assurant une présence intelligente tout au long de l’année.

Ces équipements seraient rattachés aux institutions maritimes, aux universités et organismes de recherche, avec la responsabilité d’informer le public et les scolaires.

La mer côtière n’est pas seulement un espace ludique ou sportif, elle permet de toucher des enseignements universels fondamentaux sur notre environnement. Savoir naviguer est une liberté supplémentaire dans ce contexte. De même que disposer d’un bateau conçu dans cet esprit.
On peut par exemple imaginer des projets de navigation à thèmes en s’appuyant sur des supports cartographiques spécialisés adaptés, comme la “carte littorale” que nous présentons ici accompagnée des supports cartographiques du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM).

CONSTAT - METHODOLOGIE
Il existe de nombreuses friches sur le Domaine Public Maritime (DPM).
Entre terre et mer, un territoire à redécouvrir à travers ces sites souvent exceptionnels et curieusement délaissés dont l’architecture remarquable fait pourtant partie du Patrimoine Maritime.
L’aspect foncier et juridique propre à ces espaces leur confère un statut particulier qui est peut-être un frein à leur valorisation par les communes littorales.
Le repérage et l’accès à ces constructions, surtout sur la côte découpée de la Bretagne par exemple, n’est pas chose aisée. Il demande de se donner les moyens de parcourir la frange littorale aussi bien par la terre que par la mer.
L’aspect foncier et juridique de ces espaces bâtis devra aussi être analysé.Le compte-rendu de cette investigation pourra aussi faire l’objet d’une publication de qualité valorisant la démarche pour la mener plus loin aussi, jusqu’à la réalisation.
Reste à définir un cahier des charges chiffré de cette ” étude expédition” qui pourrait être financée soit par les organismes ou sociétés directement concernées par l’avenir du littoral, soit par des collectivités littorales.Une autre solution au développement du concept, serait de convaincre directement un investisseur (ayant le soucis de s’impliquer dans les questions littorales et maritimes) sur le potentiel d’un site précis. Une étude de programmation économique et architecturale plus ciblée s’imposerait alors afin d’établir un compte de résultat prévisionnel indispensable à la validation du concept.

OUTILS

1-“La carte littorale “: montage du fond cartographique de l’nstitut Géographique National (IGN) sur le fond correspondant du Service Hydrographique de la Marine (SHOM), à la même échelle, pour une même portion de littorale. Prototype original réalisé entre Lorient et Concarneau. La mer n’est plus représentée comme un grand vide mystérieux et dangereux et inversement la terre comme une grande inconnue en venant de la mer. Cette nouvelle représentation permet une exploration nouvelle du littoral, plus riche des deux visions terre-mer assemblées, tout en garantissant la sécurité de pouvoir tracer une route de navigation conforme.
Repérage et inventaires des sites sur la carte littorale:
Sterbouest A
Cale de l’île Saint Michel B
Maison des douaniers et cale de Raguenès C
Usine de traitement de poisson à Malachap D
Maison du vivier à Beg Porz E
Maison du vivier à Kerroc’h F

2-L’AMBRE 30′/31′ - Pilote littoral” (Modèle déposé à l’INPI sous le numéro national 980424 - 1998 -) est une embarcation qui a été conçue comme un outil pour apprendre à connaitre l’espace littoral à travers l’art de la navigation côtière.
Il s’agit de rendre accessible en toute sécurité la grande variété des rivages, paysages marins côtiers tels que les îles, presqu’îles, criques, calanques, anses, lagunes, paluds, abers, estuaires, rades, cale,… mais aussi les rivières et leurs bassins versants, les canaux,..ou encore l’ensemble des équipements, aménagements et modes de vie propres au monde des rivages (voir rubrique “Ambiances et réalités littorales”), dans le but de mieux comprendre ces territoires complexes et fragiles afin de pouvoir en profiter sans les âbimer.
Pour son entretien, “L’ Ambre Pilote littoral ” se contente d’un équipement à terre léger.
La notion de “port d’attache” ne lui convient plus car il relâche sur un rivage. Par un choix géographique judicieux, et une installation simple, respectueuse du site, “L’ Ambre Pilote littoral ” s’abrite si nécessaire sur la terre ferme.
Il possède l’agilité d’une embarcation “pirate” au service de la connaissance.

SIMULATION PROJET

Application du “concept littoral” au site des anciens viviers de Port Blanc à Kerroc’h dans le Morbihan en face de l’île de Groix.
La simulation montre que ce bâtiment pourrait servir de balise littoral avec relativement peu de modifications et un impact sur le paysage très faible.
REFERENCES / CONTACTS

La mise au point du “Concept littoral” a pu parvenir à ce stade grâce au conseil et à l’intérêt que les personnes et organismes suivants lui ont portés.
Le District du Pays de Lorient est particulièrement sensible aux propositions tendant à élargir le réseau de ses centres d’activités mettant en valeur son identité culturelle maritime au tour du formidable espace de sa rade et de l’île de Groix.

Jean- Marie Berthet
Direction de l’Aménagement Foncier et de l’Urbanisme au Ministère de l’Equipement, du Logement, des Transports et du Tourisme

Madame Salomon
Bureau du littoral et domaine public au même ministère

Franck Gilard
Association Nationale des Elus du Littoral

Françoise Leberre
Ministère de l’Agriculture et de la Pêche

Pierre Mollo
Enseignant chercheur au Centre d’Etude du Milieu et de Pédagogie Appliquée du ministère de l’Agriculture et de La Pêche

Christine Bouyer - Ministère du Tourisme
Agence Française de l’Ingénierie Touristique

Guy Devaux
Président du groupement des Stations Voile et de la Fédération Française de Voile

Danièle Delaye
Mission de l’équipement Service littoral du Ministère de la Jeunesse et des Sports

Phillipe Braive
Conservatoire National du Littoral et des Rivages Lacustres

Christian Lelamer
Secrétariat Général d’Etat à la Mer

Bernard Gérard
Directeur adjoint du Palais de la Découverte à Paris

Jean luc Le Pogam
Directeur de l’Urbanisme- Ville de Lorient

Communauté d’Agglomération du Pays de Lorient- DGAET- CAPLorient
Agence d’Urbanisme et de développement du Pays de Lorient- AUDELOR
Jean Michel Maison
François Schaller
Agence de développement du Pays des portes de Cornouaille

Michel Rose
Gérand du Domaine de Beg Porz, centre de vacance de la mutualité agricole de l’Isère

Natalie Deliou
Responsable de la Maison du Littoral à Trévignon

Conservatoires des Espaces Naturels (Régionaux et Départementaux)

Association Bretagne Vivante - SEPNB
Geneviève Delbos
Enseignante chercheur au CNRS

Yves Touchard
Direction des Ecoles du Ministère de L’Education Nationale

Claudine Zysberg
Direction de la Protection de la Nature et des Paysages du Ministère de l’Ecologie

IGN

SHOM

IFREMER

GEOlittoral
Agence des Aires Marines Protégées
BRGM

ONEMA

ONF

Parcs Nationaux de France

Annexe n°2:
Réhabilitation touristique de site délaissés, guide de sensibilisation
Ministère de l’Environnement
Annexe n°1:
Liste des emprises militaires à vendre sur le littoral
Etudes menées par le Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques

Le 5 janvier 1999 par Thibault | Projets, Culture, Enseignement, Patrimoine classé - sites protégés, Territoires maritimes - littoraux - rivages | No comments

Bateau Logement “Astrée”

Études réalisées fin 1998 pour la rénovation et l’extension de ce bateau logement de 24m amarré sur les bords de Seine.
Il s’agissait d’étudier la possibilité de réaliser une extension sur la partie supérieure du bateau, sans mettre en danger la stabilité du navire, comprenant :
- une pièce de 25m2 de construction légère à ossature et bardage, relativement close côté berge, offrant en revanche de grandes ouvertures côté Seine,
- un accès par un escalier droit couvert, suspendu en coursive,
- une terrasse en bois de 26m2, protégée d’un garde corps métallique muni d’une lisse en bois,
- des flotteurs latéraux pour assurer la stabilité, traité en bois façon pont inférieur pour faciliter l’accès à l’eau.

L’intention architecturale de ce projet est d’essayer de redonner à cette coque aux oeuvres vives élégantes et fines, une silhouette de navire fluvial en harmonie avec l’augmentation des superstructures.

Les premières photos ci-jointes nous montrent l’état existant du bateau sans son extension.

Le 1 janvier 1999 par Thibault | Projets, Ouvrages Privés, Maisons, Territoires maritimes - littoraux - rivages, Architecture navale | No comments